Un membre de Jean Dutoit se fait menacer de mort

Courrier envoyé en recommandé le jour même.

Lausanne, le 25 juin 2018

Collectif Jean Dutoit
Chemin des Sauges 30
1018 Lausanne
jeandutoit@riseup.net

M. Jacques Antenen, Commandant
Police cantonale vaudoise
Centre de la Blécherette
1014 Lausanne

M. Pierre-Alain Raemy, Commandant
Hôtel de Police de Lausanne
Rue St-Martin 33
1002 Lausanne

Messieurs les Commandants de police,

Nous vous adressons le témoignage de l’un des membres de notre collectif concernant des événements survenus mercredi dernier, le 20 juin 2018 et impliquant des agents de police dont cette personne n’a su déterminer s’ils appartenaient à la police cantonale ou municipale.

La personne en question, par peur de représailles suite à la menace grave qui été prononcée, selon ses dires, à son encontre par l’un de ces agents, ne souhaite pas pour l’heure que son identité soit divulguée. C’est la raison pour laquelle nous nous adressons directement à vous.

Ce jeune homme noir africain témoigne comme suit : vers 11h du matin, le 20 juin 2018, il est allé prendre le bus au terminus de Bellevaux avec l’un de ses amis. Ils sont montés dans le bus en attente de départ, mais aussitôt un policier en civil est entré à son tour et leur a demandé de sortir, ce qu’ils ont fait sans opposer de résistance. Le policier les a emmenés plus loin, où l’un de ses collègues est sorti d’une voiture banalisée. Notre membre raconte qu’un autre policier était alors également présent, à moto et lui aussi en civil. Les trois agents ont alors procédé à un contrôle d’identité qui s’est déroulé sans problème. C’est alors que l’un des policiers s’est penché vers ce jeune homme et lui a demandé : « do you know Mike ? », à quoi il a répondu « no, I don’t know him ». Le policier lui a alors retorqué : « we know you, you are a fucking drug dealer, and you are the next one we will kill ».

Tel est le témoignage de ce jeune homme. Lorsqu’il nous en a fait part l’après-midi même, il était sous le choc. Nous avons relevé son témoignage et avons attendu avant d’en reparler avec lui et lui demander s’il souhaitait porter plainte. Il dit avoir trop peur des représailles pour ce faire.

Nous avons toutes les raisons de croire à la véracité de son témoignage. Non seulement parce que ce n’est pas la première fois que de telles menaces ont été proférées par des agents de police contre des membres du collectif Jean Dutoit ces dernières années, mais encore parce que la récente polémique autour du deal de rue à Lausanne a engendré une vague de haine sans précédent dans l’histoire de notre collectif et de racisme anti-Noir à l’échelle de la ville et du canton. La stigmatisation dont nos membres – parmi d’autres Noirs de la région – sont les victimes, ainsi que les paroles racistes et haineuses qui jonchent notre page Facebook et certains articles de presse, sont alarmantes.

Pour rappel, nous avons rendu publique il y six mois, fin novembre 2017, dans un rapport qui vous a été envoyé, le fait que certains membres du collectif Jean Dutoit avait recouru ou recourait au deal de rue pour survivre, faute d’avoir accès à d’autres activités rémunérées. Nous soulignons encore une fois que cette déclaration a été faite dans le but de rendre les autorités et la population suisses attentives au fait que ces personnes sont les premières à souffrir du deal et qu’elles n’ont d’autre désir que de cesser cette activité qui leur fait honte et les met en danger. Cependant, nous vous rendons attentif au fait que ces deux jeunes hommes n’ont pas été contrôlés dans le cadre d’un flagrant délit de vente de stupéfiant, mais dans un bus, le matin vers 11h, avec selon toute vraisemblance pour seul motif la couleur de leur peau. Leur papier étant en règle, les policiers les ont laissés repartir.

Etant donné le climat particulier qui règne à Lausanne depuis quelques semaines, nous nous permettons de mettre M. Eric Cottier, Procureur général, en copie de ce courrier, tout en appelant à ce que des mesures soient prises de toute urgence afin d’éviter que le pire ne se reproduise.

En restant à votre disposition pour toute autre information, nous vous prions d’agréer, Messieurs les Commandants de police, l’expression de nos salutations distinguées.

Le Collectif Jean Dutoit

Copie : – M. Eric Cottier, Procureur général, Ministère public central, Av. de Longemalle 1, 1020 Renens

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Manif pour Mike, contre le racisme et les violences policières // samedi 10 mars 2018

Communiqué de presse

>>> télécharger le pdf.

Manifestation organisée par le Collectif Jean Dutoit, avec le soutien du Collectif Afro-Swiss,
SolidaritéS Vaud, le Collectif R, Droit de Rester, POP & Gauche en mouvement,
le Collectif St-Martin, la Ligue suisse des droits de l’Homme (VD), le Sleep-In, l’Alliance contre le profilage racial et le Collectif Outrage.

Mike Ben Peter est mort dans la nuit du 1er mars 2018 lors de / à la suite d’une intervention de la police de Lausanne. Si les circonstances de sa mort ne sont pas éclaircies à ce jour, la version communiquée par la police est lacunaire et incohérente. Nous avons de solides raisons de penser que Mike a connu une fin violente, dans un contexte de violences policières récurrentes depuis plus d’une décennie contre la population migrante noire précarisée (cf. Amnesty International 2007, ONU 2007, CRAN 2015, Comité des Nations Unies contre la torture 2016, SFM 2017, Jean Dutoit 2017).

Hervé, homme congolais mort à Bex fin 2016 de plusieurs coups de feu d’un policier ; Claudio, d’origine cap-verdienne, arrêté à tort et violenté par la police de Lausanne sur suspicion qu’il était un dealer ; Lamine Fatty, arrêté en octobre dernier et retrouvé mort à 11h du matin dans sa cellule, que la police cantonale vaudoise n’a pas écouté ni secouru. Aujourd’hui Mike. Ces hommes ont tous été victimes d’actions qui ont foulé aux pieds leurs droits fondamentaux et jusqu’à leur vie.

Les membres de Jean Dutoit, tous noirs africains, vivent la peur au ventre. Ils sont forcés de vivre dans l’exclusion, avec le sentiment que la société suisse s’inscrit en négation de leur existence. Mike était le père de deux enfants… d’autres membres de Jean Dutoit ont des enfants. Eux, ainsi que d’autres personnes noires qui ont dû migrer en Suisse, sont victimes de racisme, normalisé et de plus en plus institutionnalisé. Nous exigeons que cette situation change immédiatement.

La Ville de Lausanne, les forces de police et la justice vaudoise doivent assumer leurs responsabilités. Ceci, non seulement en sanctionnant sévèrement les agents criminels qui commettent des actions illégales et inhumaines (violences gratuites, vols d’argent, destruction de papiers d’identité, insultes racistes), mais en changeant de politique et en réformant les pratiques policières. Il est inadmissible que la police, dont la fonction est de protéger la vie humaine, se transforme en bourreau.

La politique de la Ville de Lausanne à l’égard du deal de rue doit être remise en cause : non seulement elle ne résout rien, mais elle inscrit le racisme dans la fonction policière. Au lieu de rassurer la population, elle encourage la haine. Au lieu de protéger la vie humaine, elle produit la peur et la mort. Elle utilise les « migrants noirs » comme boucs émissaires de la crise que traversent l’Europe et la Suisse. Contraire aux Droits de l’Homme, contraire au bon sens et destructrice, cette politique de la terreur est indigne d’une démocratie et contraire à l’Etat de droit.

La famille de Mike – son épouse et ses deux enfants, ses parents, ses frères et sœurs, en Suisse, en Espagne, en Italie et au Nigéria – et les membres du Collectif Jean Dutoit, dont Mike faisait partie, exigent que justice soit faite. Ils appellent la Suisse et ses habitants à regarder en face la montée du racisme, de la diffamation et des violences inacceptables dont les Noir-e-s sont les cibles.

Nous appelons la population à manifester, afin de briser la loi du silence et faire respecter les droits fondamentaux de chaque être humain à Lausanne, dans le canton de Vaud et en Suisse.

La manifestation se réunira à la place Chauderon à 13h, et se terminera aux alentours de 16h à la place de l’Europe. Une conférence de presse se tiendra à l’issue de l’événement.

Sleep’Out Lausanne

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Rendez-vous à 20h place de la Riponne puis dans la nuit à la place Saint-Laurent jusqu’au matin… Prenez vos sacs de couchage ! Nous dormons dehors pour dire à la Ville et au Canton que personne ne doit dormir dehors !

Co-organisé par La Maraude Lausanne, le Collectif R, le Collectif Jean Dutoit, solidaritéS, SOS Asile Vaud, le Collectif vaudois de soutien aux sans papiers, L’armoire à couverture, Toit pour tous, et d’autres encore.

 

Premier constat. Chaque nuit, le lieu d’hébergement d’urgence le Sleep-in à Renens, plein à craquer, est obligé de refuser 40 à 100 personnes. La Marmotte aussi doit refuser du monde, au point qu’un grand nombre d’hommes, ainsi que des femmes et des mineurs se retrouvent dehors.

>> Qui sont ces personnes ? Pourquoi n’ont-elles pas d’autre choix ? Pourquoi n’y a-t-il pas assez de places dans les lieux d’hébergement à bas seuil d’exigence ?

Deuxième constat. Non seulement ces personnes doivent dormir dehors alors que les températures ont chuté, mais la police les chasse des lieux qu’elles ont trouvés pour se reposer. Des agent-e-s brutalisent les gens, leur font peur, les amendent et les insultent. De nombreux cas de confiscation de couvertures et de sacs de couchage nous ont été rapportés.

>> Ces opérations de pression, de maltraitance et de violence menées par la police sont-elles connues de la Ville de Lausanne et du Canton ? Comment est-il possible que de telles actions puissent se produire en toute impunité ? Qui est responsable ?

 

De nombreux groupes de gens sont concernés, différents par la manière dont l’État les classifie et les discrimine, mais aussi dans le regard que la société porte sur eux. Ces gens ont pour points communs d’être exclus et précarisés. Parmi eux, un grand nombre sont en plus frappés par le racisme et stigmatisés sur la base de leurs origines ou de leurs activités.

Qui sont ces gens ?

  • Des personnes migrantes originaires d’Afrique occidentale, surtout des hommes parmi lesquels nombreux sont au bénéfice d’un permis de séjour en Italie ou en Espagne et sont donc légalement sur le territoire suisse (court-séjour Schengen). D’autres ont été déboutés de l’asile et ils ne veulent pas aller à l’aide d’urgence cantonale car cela signifierait un renvoi sous contrainte (règlements Dublin) vers un lieu qu’ils n’ont pas choisi. D’autres ont quitté les structures de l’EVAM en raison de traitements qu’ils ont ressenti comme non-respectueux de leur dignité et stigmatisant. Ces hommes africains sont la cible du racisme anti-Noir-e violent qui existe dans les rangs de la police.
  • Des personnes roms sont elles aussi très nombreuses à dormir dehors. Étant donné la pénurie de places dans les lieux d’hébergement d’urgence, les familles se retrouvent séparées : les enfants et les femmes sont choisis pour passer la nuit à l’intérieur, leurs maris restent dehors. Ou alors ce sont des familles entières qui se retrouvent à la rue, ou dans une voiture, à se faire réveiller au milieu de la nuit par une patrouille de police. Les Roms sont eux·elles aussi la cible du racisme, d’autant plus qu’ils·elles sont à Lausanne stigmatisé·e·s par la politique anti-mendicité. Des personnes qu’il est facile de mépriser et de brutaliser parce qu’elles vivent dans la marge, parce qu’elles ne feraient pas partie de la « civilisation ».
  • Ce sont également de nombreux Suisses se retrouvant dehors en raison de l’insuffisance de logements sociaux qui existe en parallèle de l’insuffisance de places en hébergement d’urgence. Il s’agit de personnes se trouvant par exemple sous curatelle, mais qui doivent se débrouiller toutes seules pour trouver où dormir et finissent dehors pour la plupart, seules, sans ressources et fortement précarisées.
  • D’autres Suisses se retrouvent sans rien à la suite d’une série de déboires, ils ont perdu leur travail, eu des problèmes de santé et/ou vécu un divorce. Suite à cela, ils ont terminés à la rue parce que – il suffit d’une seule fois – ils n’ont pas réussi à payer leur loyer puis se sont retrouvés captifs de la précarité, bloqués dans cette situation en raison des discriminations du système libéral qui donne plus facilement un appartement à une personne ayant de bons revenus qu’à une personne en difficulté. Le nombre de personnes dans cette situation est en constante augmentation.
  • Il y a également des personnes toxicomanes, suisses elles aussi, qui souffrent de la stigmatisation sociale liée à leur dépendance, de troubles de santé et d’une grande vulnérabilité. Elles aussi se retrouvent à dormir dehors, sur des cartons pour se couper du sol glacial, avec des couvertures sur le parvis d’une église ou dans un bois.
  • Il y a aussi un certain nombre d’hommes maghrébins, des personnes à qui l’asile a été refusé et qui se retrouvent sans ressources. Coupés de toutes possibilités de trouver du travail, cibles du racisme anti-Arabe et discriminés : à ces hommes n’est donnée aucune chance de sortir de l’ombre.
  • Et d’autres encore.

Où toutes ces personnes dorment-elles ?

Autour des lieux d’hébergement à bas seuil de la Ville : la Marmotte (dans le quartier, près du 2.21, dans les bois en direction du Signal de Sauvabelin) et le Sleep-in (dans les buissons alentours et dans le quartier de manière assez large). L’abri-PC, lui, alors qu’il devait ouvrir le 1er novembre, ne l’est pas encore suite à des retards des travaux de la Ville… et lorsqu’il ouvrira – mais quand ? – ce sera avec 10 places de moins que l’année passée en raison de nouvelles normes de sécurité. Il est évident que cela sera de toute façon insuffisant.

Bien des personnes ont pris acte du fait qu’il n’y avait de place pour elles nulle part et dès lors se trouvent un coin où dormir à Sauvabelin, dans les bois le long du chemin du Calvaire, au parking du Vélodrome, à la Bourdonnette, sur des bateaux dans le port d’Ouchy, dans des parkings souterrains, dans le jardin de maisons et dans d’autres lieux qu’elles choisissent en fonction des nuits et en fonction des patrouilles de police qu’elles doivent chercher à éviter.

Chaque nuit, le Sleep-in double sa capacité d’accueil au point de totale saturation et doit refuser des gens. Chaque nuit la Marmotte doit refuser des gens. Chaque jour la soupe populaire est débordée par le nombre de personnes en demande d’un repas chaud. Chaque nuit la Maraude passe à travers toute la ville pour distribuer du thé, de la soupe, des couvertures et constate une augmentation des gens qui dorment dehors sans protection et harcelées par la police.

Violence policière, violence sociale et violence d’État

Des agent-e-s réveillent les personnes en pleine nuit, les brutalisent, les insultent. Les Noirs et les Roms sont particulièrement visés. La Ville et le Canton sont donc incapables de garantir que leurs fonctionnaires respectent la loi et protègent la vie et les droits humains. Police de Lausanne, Pol-Ouest, gendarmerie. La politique de dissuasion menée par la Suisse en matière d’asile se joint ici à une violence anti-migrant-e et anti-pauvre : même les personnes qui ont des papiers en règles se font maltraiter et s’entendent dire qu’il n’y a rien pour elles en Suisse. La police abuse de son pouvoir en toute impunité. Nous exigeons que cela cesse !

Les personnes qui se retrouvent à dormir dehors sont exclues socialement. Elles le sont encore davantage si elles pratiquent une activité fortement stigmatisée (mendicité, ou deal, ou toxicomanie) et criminalisée, alors qu’aucune alternative ne leur est laissée en Suisse. La société va tendre à les exclure davantage encore, à les considérer comme des « indésirables » et, finalement, à considérer leurs vies comme « dispensables ». Les souffrances de ces personnes sont invisibles, parce que la société ne veut pas les voir et ne veut pas reconnaître que c’est elle qui est mal construite. C’est une violence sociale que l’on constate par le simple fait que ces gens sont laissés à la rue et que les autorités détournent le regard… L’indifférence tue !

Les mesures prises par la Ville de Lausanne mais aussi par les communes environnantes, ainsi que par l’État de Vaud, sont basées sur des budgets qui sont totalement sous-évalués en regard des besoins réels des populations précarisées vivant dans la région. Ces budgets répondent à d’autres impératifs : des mesures d’austérité qui visent à rendre l’État plus compétitif, au détriment de toutes les personnes qui n’offrent pas la plus-value nécessaire. Non seulement les autorités échouent à compenser les effets destructeurs du libéralisme, mais elles en adoptent les modèles et les appliquent aux institutions. Or, que se passe-t-il lorsque sont ainsi créées des conditions de pénurie ? Les comportements deviennent plus rigides, le racisme et la xénophobie augmentent et deviennent des critères de choix dans des choix qui ne devraient pas avoir à être fait. En Suisse, l’un des pays les plus riches de la planète, il pourrait clairement y avoir assez de place pour tout le monde au chaud et sous un toit. En Suisse, comme dans tous les pays du monde, la politique devrait être faite par les gens, pour les gens, et non pour une portion de personnes privilégiées qui font croître le racisme pour asseoir leur domination.

 

REVENDICATIONS

Toutes les personnes vivant dans la région lausannoise et dans le Canton de Vaud doivent avoir un toit, un espace chauffé où dormir et à l’abri des violences ! De grandes salles peuvent être ouvertes, des espaces libérés pour héberger ces vies humaines dans le respect de leur dignité.

Nous appelons les populations à se mobiliser afin que les autorités de la Ville de Lausanne et du Canton de Vaud mettent en place de toute urgence des mesures concrètes, en adéquation à la réalité du terrain. Il ne faut pas attendre que des personnes meurent de froid ou sous les coups !

Nous exigeons des autorités municipales et cantonales qu’elles rappellent à l’ordre leurs forces de police et mènent l’enquête sur ces agissements dont la dérive autoritaire est patente, où l’impunité règne en maître et où des agent-e-s ont des comportements racistes évidents !

Nous appelons la Ville de Lausanne à se déclarer Ville-Refuge : toute autre mesure est insuffisante à mettre un terme à cette politique de dissuasion violente et aux renvois forcés ! À défaut, nous exigeons que la nuit soit déclarée temps-refuge, ou que les lieux d’hébergement d’urgence et leurs alentours soient déclarés zones-refuges.

Nous appelons à ce que des mesures institutionnelles constructives soient prises à moyen terme pour changer la dynamique sociale de précarisation croissante des populations suisses et étrangères ainsi que la stigmatisation des groupes minoritaires et pour combattre le racisme.

Ne fermons plus les yeux sur ce que la nuit nous montre.

PERSONNE NE DOIT DORMIR DEHORS

#sleepout
#personnenedoitdormirdehors